En vertu d'une nouvelle règlementation européenne, plateformes et hébergeurs doivent se plier à des obligations inédites de transparence et de traçabilité. Fin de l’opacité, contrôle renforcé des revenus, harmonisation des règles : ce tournant réglementaire pourrait rebattre durablement les cartes du marché et redéfinir l’équilibre entre acteurs professionnels et loueurs occasionnels.
En 2026, le secteur de la location courte durée va vivre le choc réglementaire le plus important depuis l’arrivée des plateformes. Pour la première fois, l’Europe va rendre visible ce qui a longtemps prospéré dans l’angle mort des autorités : l’opacité des annonces, des revenus et des loueurs.
Le Far West de la location touristique touche à sa fin. Et tous les acteurs ne sortiront pas indemnes de cette mise à nu.
Une révolution réglementaire passée… presque inaperçue
Adopté en avril 2024, le Règlement européen 2024/1028 concernant la collecte et le partage des données relatives aux services de location de logements de courte durée impose une transparence totale aux plateformes et aux hébergeurs dès 2026 :
• enregistrement obligatoire de chaque logement ;
• numéro unique vérifiable ;
• transmission automatique des données aux autorités (identité du loueur, adresse, nombre de nuitées, revenus) ;
• sanctions en cas de manquement.
Ce texte va uniformiser un marché éclaté entre 27 législations.
Un marché qui doit enfin jouer à armes égales
Pendant plus de dix ans, la location touristique a évolué dans une zone grise.
Certaines annonces échappaient à toute déclaration, des centaines de milliers de logements étaient impossibles à tracer, des propriétaires opéraient dans une semi-illégalité tolérée.
Ce modèle s’effondre.
La nouvelle réglementation crée un terrain de jeu plus clair, plus sain, et plus favorable à ceux qui ont investi dans la qualité, la conformité et la transparence.
Pour les professionnels, c’est l’occasion de consolider un modèle pérenne et auditable, rassurer les partenaires (collectivités, plateformes, institutionnels), valoriser une offre qualifiée et durable et se différencier d’acteurs amateurs qui n’auront ni les outils ni la rigueur pour suivre.
L’Europe met fin aux zones d’ombre.
Les loueurs devront obligatoirement se doter d’outils professionnels (gestion, reporting, automatisation) et les les propriétaires isolés devront effectuer une montée en compétence obligatoire. A défaut, il existe un risque réel de sortie du marché pour les acteurs non conformes.
2026 ne fera plus de place à l’improvisation.
2026 : la fin de l’économie de l’ombre
Loin d’être une menace, cette transparence forcée peut devenir un levier de croissance.
Ceux qui anticipent dès aujourd’hui auront un avantage compétitif décisif.
