Annoncée comme imminente, la relance du dispositif d’aide à la rénovation énergétique pour 2026 masque une contraction de l’enveloppe et un rattrapage qui va réduire à la portion congrue les nouveaux dossiers.
Le dispositif MaPrimeRénov’ est sur le point d’être relancé, conformément à la promesse du ministre du Logement Vincent Jeanbrun. « J’avais dit très clairement que s’il n’y avait pas de budget, il n’y avait pas de guichet (de demande de subvention) MaPrimeRénov’ », a rappelé le ministre sur CNews.
Or, il ne reste plus au projet de loi de finances pour 2026 qu’à passer les fourches caudines du Conseil constitutionnel avant d’être promulgué. Une promulgation qui doit être concomitante avec la « réouverture complète de MaPrimeRénov’ », a précisé Vincent Jeanbrun.
L’enveloppe prévue pour les aides à la rénovation énergétique 2026 s’élève à 3,6 Md€, un budget équivalent à celui de 2025. Mais un recours accru aux certificats d’économie d’énergie (CEE) laissera en réalité moins de place à MaPrimeRénov’. Pour l’Etat, c’est une manière de faire des économies, puisque leur coût est supporté par les entreprises qui doivent satisfaire à leurs obligations réglementaires.
Autre problème, après la suspension de MaPrimeRénov’ en 2025, 83 000 dossiers de rénovation globale attendent sur le bureau de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) et sont déjà pré-validés. Seuls 37 000 nouveaux dossiers seront acceptés, puisque l’objectif de rénovation pour 2026 plafonne à 120 000 rénovations globales (68 000 en copropriété et 52 000 logements individuels).
Une situation catastrophique pour les professionnels de la rénovation énergétique, qui ont dû faire des investissements pour obtenir le label Mon Accompagnateur Rénov’ (MAR) – préalable au courtage en aide à la rénovation énergétique - avant de faire face à la suspension de MaPrimeRénov’.
Alors que beaucoup sont déjà en procédure collective, Sébastien Aujard, président du groupe Apolline Courtage & Patrimoine Financement, estimait il y a quelques mois dans nos colonnes que « la profession telle qu’elle a été pensée est condamnée ».
L’Anah prévoit cependant de financer également 150 000 rénovations « monogeste » (isolation, ventilation, chauffage…), dont l’efficacité énergétique a été remise en cause par plusieurs études.
