La plateforme de private equity entend désormais internaliser l’offre de gestion sous mandat qu’elle ne pouvait jusqu’ici que conseiller. Objectif : maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur et réduire les frais pour le client final.
Fundora, plateforme d’investissement dédiée au non coté, rachète Kyoseil Asset Management, une société de gestion basée à Aix-en-Provence. Si le rachat d’une société de gestion par un CIF n’est plus une pratique isolée depuis la frénésie de croissance externe des plus gros CGP, le rachat poursuit ici un but précis.
Internalisation de la gestion sous mandat
L’originalité de la proposition de valeur de Fundora réside en effet dans l’accès, via un service de gestion sous mandat, à des fonds professionnels de capital-investissement (FPCI). Un moyen de permettre aux particuliers d’investir dans des fonds professionnels, normalement réservés à une certaine typologie de clientèle, à partir de petits montants.
La gestion sous mandat étant interdite pour les CIF, Fundora travaillait jusqu’ici avec Sanso Longchamp AM, pour assurer le portage des mandats et l’exécution opérationnelle des opérations. Avec ce rachat, Fundora disposera de sa propre société de gestion, lui permettant de définir ses allocations, gérer ses appels de fonds et la trésorerie, en conservant une approche orientée sur les fonds de petite et moyenne taille.
Un nouveau nom pour un nouvel agrément
Kyoseil AM, dont l’intégralité du capital a été repris, va changer de nom pour devenir Fundora AM, propriété de Fundora, qui abandonnera au passage son statut de CIF.
« Nous voulions maîtriser toute la chaîne de valeur, afin de baisser les frais pour nos investisseurs de façon significative, de 10 à 30 % par rapport à nos tarifs actuels », indique à Gestion de Fortune Bradley Lafond, cofondateur et CEO de Fundora.
La plateforme propose deux options : la première, « classique », propose des droits d’entrée plus faibles mais des frais de gestion plus élevés, à l’inverse de la deuxième, « horizon ». Les frais moyens annuels sont de 1,5 % pour la première formule, et de 1,8 % pour la deuxième, sachant qu’ils diminuent suivant le montant du ticket d’entrée, qui démarre à 100 €. Pour des tickets supérieurs à 30 000€, cette moyenne se situe entre 1 % et 1,45%.
Distribution en direct
« La majorité des sociétés de gestion recourent à la distribution intermédiée, contrairement à nous, justifie Bradley Lafond. Nous avons donc besoin d’une part d’upfront pour financer le marketing et l’acquisition client. »
Fundora compte poursuivre sa distribution en direct, mais réfléchit à s’appuyer sur des CGP tiers à l’avenir. La réflexion sera guidée par l’impact de ses prochains lancements, dont celui de deux fonds professionnels (FPS), un fonds de fonds et un fonds de co-investissement. Les deux véhicules, disponibles dans les prochaines semaines, seront accessibles en direct, mais aussi pour la première fois en assurance vie ou PER. Le choix des assureurs, qui reposera en priorité sur les affinités des investisseurs, n’est pas encore arrêté.
Pour l’heure, Fundora propose des stratégies de venture, de growth, de buy-out et de secondaire, en Europe, aux Etats-Unis et en Israël. La société s’est récemment diversifiée avec de la dette privée, à horizon plus restreint et distribution trimestrielle.
Rachat sur fonds propres
Si le montant du rachat, réalisé sur fonds propres, n’a pas été communiqué, les encours gérés par Kyoseil AM s’élèvent à 20 M€, pour un chiffre d’affaires de 300 000 €. De son côté, Fundora a conseillé 50 M€ d’encours depuis son lancement en juin 2025, et réalisé un chiffre d’affaires de 4 M€ sur l’année.
Le nouveau groupe, présent à Paris et Aix-en-Provence, comptera 20 collaborateurs. Il reprend l’essentiel des effectifs de Kyoseil AM : Luc Peyrot et Caroline Grinda, directeurs généraux et gérants financiers, Baptiste Perez, gérant financier, ainsi que Kévin Guilmet, gérant privé, restent à leur poste. En revanche, le président de la société de gestion, Richard Francou, ainsi que Marc Villecroze, analyste externe, n’en feront plus partie.
L’opération reste soumise à la signature des accords définitifs, aux procédures sociales applicables et à l’obtention des autorisations réglementaires préalables.
