Qui peut le stopper ? Selon les derniers chiffres de Bercy, arrêtés au 30 septembre 2025, le PER affiche 12,7 millions de titulaires, pour un total de 141,1 Md€ d’encours.
Comparés aux 136,1 Md€ enregistrés au 30 juin 2025, il s’agit d’une progression d’environ 4 %. Sur un an, elle atteint presque 20 %. Une progression importante sur un trimestre, d’autant que l’enveloppe créée par la loi Pacte a maintenant six ans d’ancienneté, et que les transferts d’anciens plans ne comptent plus pour la majorité des flux.
L’encours est majoritairement porté par les PER individuels (82,4 Md€), tandis que les PER d’entreprise se répartissent à parts à peu près égales entre les PER collectifs (PERero, 31,7 Md€) et obligatoires (PERo, 27,1 Md€).
« Au-delà de la progression des volumes, Inovéa note une évolution structurelle des comportements : le montant moyen des versements mensuels est passé de 202 € à 107 € entre 2023 et 2025, traduisant une démocratisation progressive du produit et son accessibilité à des ménages disposant de capacités d’épargne plus modestes », affirme Emmanuel Hardy, président du courtier. Le CGP a vu ses demandes d’ouverture de plan s’envoler de 185 % entre 2020 et 2025.
Pour le Cercle de l’épargne, le succès du PER repose sur trois facteurs principaux : « L’inquiétude persistante des Français quant à leur niveau de vie à la retraite », « le mécanisme de déduction fiscale à l’entrée, qui allège l’effort d’épargne », et « des rendements compétitifs dans un contexte de normalisation des taux d’intérêt », égrène Philippe Crevel, son directeur.
L’angoisse des lendemains difficiles une fois retiré du monde du travail joue un rôle de plus en plus significatif, alimentée par les débats récurrents sur l’équilibre du régime par répartition. 72 % des répondants à l’enquête 2025 de l’association estiment en effet que les pensions ne sont ou seront pas suffisantes pour leur garantir un niveau de vie satisfaisant.
Selon les études, environ 15 à 16 % des 25-34 ans possèdent un PER, et entre 19 et 20 % des 35-44 ans.
Toujours selon les données de Bercy, 80 % des encours sont aujourd’hui investis en France et dans l’Union européenne, et 60 % financent des entreprises en fonds propres et en dette privée, dont plus de 5 Md€ en actifs non cotés. Un mouvement encouragé par la loi Industrie verte, qui prévoit une part de non coté minimum obligatoire en gestion pilotée à horizon, variable selon le profil de l’investisseur.
