Créée le 16 septembre 2024, Stievenart Capital Partners est une société de conseil en investissements et un multi-family office indépendant fondé par Alban Stievenart, ancien professionnel des marchés londoniens. Sa philosophie repose sur trois principes simples mais exigeants : replacer l’analyse macro-économique, la discipline d’allocation d’actifs et l’alignement d’intérêt au cœur du conseil patrimonial.
Une société de conseil fondée sur l’expertise des marchés
Pourquoi avoir lancé Stievenart Capital Partners en 2024 ?
Après douze ans à Londres dans des banques d’investissement et sociétés de gestion, notamment dans la vente actions, j’ai développé une approche très structurée des marchés financiers. Cette expérience m’a permis de travailler au cœur des flux internationaux de capitaux et d’observer la façon dont les investisseurs lisent les cycles macro-économiques, les primes de risque ou les dynamiques sectorielles.
En revenant à Paris, j’ai exercé comme gérant sous mandat, avec la gestion de portefeuilles en PEA, comptes-titres et assurances-vie. Mais j’avais depuis longtemps le projet de créer une structure indépendante, agile et moins contrainte par les logiques commerciales standardisées des grandes institutions.
Stievenart Capital Partners est née de cette volonté : proposer une gestion patrimoniale indépendante, articulée autour de l’allocation stratégique d’actifs, de l’ingénierie patrimoniale et d’une véritable lecture macro-financière globale.
Quelles sont précisément vos compétences techniques ?
Nous intervenons sur plusieurs supports d’investissement : comptes-titres ordinaires, PEA, assurance-vie et private equity. Mais au-delà des enveloppes fiscales, l’enjeu principal reste la construction d’allocation d’actifs.
Cela implique notamment :
● l’arbitrage entre marchés actions et obligations
● la gestion de l’exposition aux devises
● l’analyse du risque global des portefeuilles
● la diversification sectorielle et géographique
Notre approche repose sur trois piliers.
- l’analyse macro-économique.
Nous observons les cycles économiques, la croissance mondiale, les politiques monétaires, la trajectoire de l’inflation ou encore l’évolution du cycle du crédit.
- la lecture des valorisations.
Cela passe par l’analyse des multiples de bénéfices, de la prime de risque actions ou encore de la dispersion sectorielle.
- la construction disciplinée des portefeuilles.
Nous intégrons la corrélation entre actifs, la gestion de la volatilité et la diversification.
Nous travaillons via différentes plateformes, y compris lorsque les actifs sont conservés dans de grandes banques. Nos clients sont parfois déjà clients de banques privés mais ils ont besoin d’un conseil indépendant et alignés avec leurs exigences. Le modèle de rémunération peut prendre la forme d’honoraires ou de rétrocessions, avec une transparence totale.
Vous insistez beaucoup sur l’alignement d’intérêt. Pourquoi est-ce central ?
Parce que la gestion patrimoniale est avant tout une question de gouvernance économique. Dans certains cas, ma famille et moi pouvons investir dans les produits que nous structurons. Cela crée un alignement réel avec nos clients.
Nous ne sommes pas dans une logique de catalogue ou de distribution de produits financiers. Nous pouvons structurer des véhicules ou des fonds pour un nombre limité d’investisseurs. C’est une logique de partenariat.
L’objectif est d’accompagner une vingtaine de familles à horizon 18 mois, afin de maintenir une forte proximité et une capacité d’analyse stratégique approfondie.
Philosophie d’investissement et lecture macro-économique
Quelle est votre lecture actuelle des marchés ?
Les marchés évoluent aujourd’hui dans un environnement marqué par une forte incertitude géopolitique. Depuis le déclenchement des tensions entre l’Iran et les États-Unis fin février, les investisseurs font face à une montée rapide de l’aversion au risque.
Dans ce contexte, la plupart des classes d’actifs ont reculé, tandis que le dollar américain s’est renforcé, profitant pleinement de son statut traditionnel de valeur refuge.
Ce phénomène rappelle une constante des marchés : en période de tensions internationales, les flux de capitaux se dirigent vers les actifs jugés les plus liquides et les plus sûrs. Cette dynamique s’est vérifiée une nouvelle fois : plusieurs marchés actions ont montré des signes de nervosité, tandis que le dollar américain a bénéficié de son statut de valeur refuge.
Le marché américain dispose d’un atout structurel : une relative autonomie énergétique par rapport à d’autres zones économiques. Cela contribue à soutenir sa résilience dans les phases de stress géopolitique.
L’incertitude reste néanmoins très élevée, notamment concernant la durée du conflit et ses ramifications politiques et appelle à la prudence. Un prolongement des tensions régionales pourrait accentuer la volatilité sur les marchés actions.
Dans ce type d’environnement, la gestion patrimoniale doit rester guidée par une logique de diversification et de discipline d’allocation. Les chocs géopolitiques ne modifient pas seulement les perspectives économiques ; ils rappellent aussi que les marchés financiers restent profondément liés aux équilibres stratégiques internationaux.
Quels secteurs sont les plus exposés ou les plus sensibles à ce contexte ?
Historiquement, les périodes de conflit armé entraînent des rotations sectorielles très marquées.
Les investisseurs ont tendance à vendre en priorité les secteurs les plus sensibles à la conjoncture et aux déplacements internationaux, comme la finance ou le transport aérien, qui subissent souvent les premières corrections.
À l’inverse, certains secteurs peuvent bénéficier de la hausse des tensions géopolitiques.
C’est notamment le cas de :
● l’énergie
● la défense et l’aéronautique : L’Europe entre également dans un cycle de réarmement structurel, soutenu par des budgets publics en hausse et un cycle de réarmement historique.
● les semi-conducteurs, qui restent stratégiques dans la compétition technologique mondiale
L’un des points de vigilance majeurs concerne le détroit d’Ormuz, passage maritime par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial.
Toute perturbation de cette route énergétique entraîne généralement une réaction immédiate des marchés. La perspective d’un blocage, même temporaire, a déjà fait grimper les prix du pétrole, avec un Brent repassé au-dessus de 100 dollars.
Dans un tel scénario, les grandes compagnies pétrolières et les groupes énergétiques bénéficient mécaniquement de la hausse des prix de l’or noir. L’énergie redevient alors un secteur défensif paradoxal : sensible au cycle économique mais soutenu par la géopolitique.
Dans ce contexte, comment adapter l’allocation d’actifs ?
La première règle reste la prudence dans l’exposition aux actifs risqués, tant que l’incertitude géopolitique demeure élevée.
Cela ne signifie pas sortir totalement des marchés actions, mais plutôt ajuster les portefeuilles en tenant compte de plusieurs facteurs :
● diversification géographique,
● gestion active du risque de change,
● exposition sélective aux secteurs les plus résilients.
Le rôle d’un conseiller est précisément d’intégrer ces variables macro-économiques et géopolitiques dans la construction des portefeuilles.
Votre approche est-elle plutôt thématique ou macro-économique ?
Elle est d’abord macro-économique.
Nous analysons les grands cycles : politiques monétaires, trajectoires budgétaires, évolution des taux réels et flux internationaux de capitaux.
À partir de ces scénarios, nous construisons ensuite des allocations sectorielles et géographiques cohérentes.
La gestion du risque reste centrale : diversification, contrôle de la volatilité et arbitrage entre actifs défensifs et actifs risqués.
En réalité, la gestion patrimoniale doit être pensée comme une architecture financière, dans laquelle chaque actif remplit une fonction précise.
Comment résumeriez-vous la singularité de Stievenart Capital Partners ?
Je dirais qu’elle repose sur quatre éléments.
● Une lecture macro-économique assumée des marchés
● Une allocation d’actifs disciplinée
● Une capacité à structurer des solutions sur mesure
● Un alignement d’intérêt réel avec les clients
Notre ambition est d’être une alternative crédible dans le conseil en investissements : une structure indépendante fondée sur l’expertise des marchés, la proximité avec les investisseurs et la cohérence stratégique.
