L’encours de l’épargne salariale a été multipliée par trois en moins de 20 ans

En 2025, l’encours de l’épargne salariale et de l’épargne retraite collective atteint 229,4 Md€, en hausse de 14,7 % sur un an, selon l’AFG. Depuis 2008, la croissance est continue, mais les performances, elles, ne sont pas au rendez-vous de la massification des dispositifs de partage de la valeur.

L’encours de l’épargne salariale et l’épargne retraite collective affiche une nette progression en 2025, selon les chiffres de l’AFG. A la fin de l’année, il s’établit à 229,4 Md€, en hausse de 14,7 % sur un an. Depuis 2008, l’encours a été multiplié par plus de trois, avec une croissance annuelle moyenne de 7,1 %.

Versements volontairement élevés

La collecte brute s’élève à 23 Md€, contre 21,7 Md€ en 2024. L’intéressement (7,3 Md€) et la participation (6,3 Md€) contribuent pour l’essentiel des flux (59 %), devant les versements volontaires (21 %) et l’abondement (20 %).

Les montants distribués par l’entreprise dans le cadre de ces accords s’élèvent à 2 000 € en moyenne. Mais même si les versements volontaires contribuent moins aux encours, les 6 millions de salariés qui y participent versent deux fois cette somme en moyenne.  

« Cette dynamique s’appuie sur plusieurs tendances structurantes : une diffusion croissante dans les entreprises, notamment les PME ; une allocation toujours fortement orientée vers les actions et vers le financement des entreprises ; un attrait confirmé pour les fonds durables et solidaires et une préférence marquée pour la gestion pilotée, adaptée à l’épargne de long terme », détaille l’AFG.

Une résidence, principalement

Les rachats sont également en hausse (21 Md€ en 2025 contre 19 Md€ en 2024) et pour un peu plus d’un tiers liés à des cas de déblocage anticipés. Si l’acquisition ou l’agrandissement de la résidence principale ne représente qu’un quart de ces situations, elles comptent pour près de 40 % des montants débloqués.

L’épargne salariale concerne aujourd’hui 13,2 millions d’individus. Autrement dit, 77 % des salariés Français travaillent dans une entreprise équipée, pour un montant moyen détenu de 17 100 €. Ici aussi, la progression est significative, puisque 402 000 nouveaux comptes ont ouvert courant 2025, et 26 000 nouvelles entreprises ont été équipées – en quasi-totalité des PME – portant le total des sociétés proposant un dispositif d’épargne salariale à 442 000.

Le PER, dont le temps long est pourtant adapté à l’épargne salarié, ne bénéficie qu’à 3,7 millions de salariés (31,8 Md€ d’encours), alors que près de la moitié des entreprises ayant mis en place un dispositif d’épargne salariale le propose.

Goudurix

En ce qui concerne les investissements, ceux-ci sont majoritairement orientés vers l’actionnariat salarié. On peut cependant noter que depuis 2013, l’appétence au risque des salariés grandit puisque la part des fonds monétaires dans l’encours global diminue (15 % contre 21 %) au profit des fonds actions (17 % contre 10 %). Les portefeuilles sont d’ailleurs composés à 64 % d’actions, contre seulement 20 % de monétaire. Les fonds mixtes, eux, se maintiennent (22 %), de même que les fonds obligataires (9 %).

A noter que l’épargne salariale occupe une place significative dans la collecte des fonds durables, avec 11,2 Md€ de flux bruts, pour 3,5 Md€ de flux nets, en progression depuis 2024 (respectivement 10,3 Md€ et 3,1 Md€).

Les encours, eux, sont très majoritairement portés sur les fonds dits article 8 de la SFDR : ils atteignent 121,3 Md€, contre 9 Md€ seulement pour les fonds article 9. « Ils représentent désormais 85 % de l’encours des fonds diversifiés », note l’AFG.

Curieusement, les fonds labellisés ISR n’ont pas su s’imposer dans l’épargne salariale. Leur encours n’est que de 29,2 Md€, plus de 10 Md€ derrière celui du label propre à l’épargne salariale, distribué par le Comité intersyndical de l'épargne salariale (CIES).

Sur le total de la collecte 2025, 2 Md€ alimentent par ailleurs des fonds solidaires (0,5 Md€ net), dont l’encours atteint 18,4 Md€.

Il est où l’rendement, il est où ?

Puisque les ETF n’ont pas vraiment cours dans l’épargne salariale, les émetteurs en portefeuille sont majoritairement français (57 %), ou européens pour plus des trois quarts d’entre eux. Revers de la médaille, la performance n’est pas au rendez-vous, malgré des frais souvent plus bas qu’en investissement individuel.

La performance annualisée en gestion pilotée n’est que de 1,8 % pour le profil prudent sur 10 ans, de 3,3 % pour le profil équilibré et 4,8 % pour le profil dynamique. Ce type de gestion a pourtant le vent en poupe (+16,7 % sur un an) et représente 40 % des encours d’épargne retraite collective. Ce constat est encore plus vrai chez les jeunes épargnants : la moitié des encours des moins de 30 ans sont en gestion pilotée.

Ces performances en demi-teinte sont d’autant plus regrettables que l’épargne salariale est théoriquement en voie de massification. Depuis le 1er janvier 2025, les entreprises de 11 à 49 salariés qui réalisent un bénéfice net fiscal positif au moins égal à 1% du chiffre d’affaires pendant trois exercices consécutifs doivent proposer un dispositif de partage de la valeur à leurs salariés.

Il sera cependant difficile d’apprécier le réel pouvoir démultiplicateur de la loi Partage de la Valeur, d’autant que l’absence de mise en place d’un dispositif n’entraîne pas de sanction, laissant songeur sur son réel caractère obligatoire. 

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