Bureau Veritas rachète le label d’Etat dédié à la finance verte à la Caisse des Dépôts. Greenfin a fait plusieurs fois sa mue au cours des dernières années.
La Caisse des Dépôts continue de céder ses bijoux de famille. Après s’être séparée de son média Novethic, laissé à AEF Info en raison de difficultés de trésorerie, Greenfin est à son tour revendu.
C’est Bureau Veritas qui a annoncé le rachat de l’activité de labellisation de fonds. Une acquisition qui vise, pour le groupe de certification et de contrôle de la qualité, à « diversifier son offre de services » et « se positionner comme un acteur clé dans le domaine de la finance durable, un secteur en pleine croissance et porté par des évolutions normatives majeures telles que la taxonomie européenne », précise Michella Abdallah Abou Jaoude, directrice durabilité chez Bureau Veritas Certification France.
Bureau Veritas était déjà l’un des organismes labellisateurs, aux côtés de Novethic, EY France et Afnor Certification.
Créé en 2015 par le ministère de la Transition écologique à l’occasion de la COP 21, le label Greenfin vise à garantir aux investisseurs que les produits financiers sur lesquels il est apposé contribuent effectivement au financement de la transition énergétique et écologique.
Il s’agit du premier label d’Etat dédié à la finance verte, aujourd’hui apposé sur 106 fonds – cotés, alternatifs, d’infrastructures, obligataires, de dette privée… – totalisant 36 Md€ d’actifs.
Quatre catégories de critères s’empilent pour l’obtenir : une part minimale du fonds investie dans une liste d’activités « vertes » définies par le référentiel du label ; une gestion des controverses ESG ; la mesure de l’impact environnemental du fonds, qui doit contribuer positivement face au changement climatique, à la gestion de l’eau, des ressources naturelles ou de la biodiversité ; le respect de plusieurs exclusions, au premier rang desquelles les valeurs fossiles.
En 2024, le label avait fait évoluer ses critères d’éligibilité pour intégrer les activités économiques liées à l’énergie nucléaire, jusqu’ici objet d’une exclusion identique aux activités fossiles. Début 2025, une nouvelle mise à jour l’alignait sur la réglementation européenne en matière de finance durable et d’objectifs climatiques, en s’appuyant sur la Taxonomie verte et en intégrant les critères du Paris-Aligned Benchmark (PAB), notamment la réduction du seuil d’exclusion lié au charbon de 5 % à 1 %, ainsi que l’exclusion d’activités selon des critères sociaux et de gouvernance.
Cette mise à jour avait suscité un certain nombre d’interrogations chez les certificateurs, amenant à affiner plusieurs points dans un arrêté publié le 28 décembre (1). Ce dernier précise notamment la méthode de calcul de la part verte des fonds obligataires et l’éligibilité des activités alignées avec la Taxonomie. Le texte autorise également certains organismes accrédités au titre de la Directive relative à la publication d'informations en matière de durabilité par les entreprises (CSRD) à candidater à la certification du label Greenfin.
(1) Arrêté du 19 décembre 2025 portant approbation du référentiel et du plan de contrôle et de surveillance cadre du label « Greenfin label France finance verte »
