Comment les investisseurs doivent-ils aborder la construction de leur portefeuille pour 2026 ? Nadège Dufossé, global head of multi-asset chez Candriam, a son idée sur la question et… des réponses !
Les défenses d’investissement dans l’IA s’intensifient, la Chine accélère et les opportunités s’élargissent à de nouvelles régions. « En 2025, fait observer Nadège Dufossé, global head of multi-asset chez Candriam, les marchés actions ont enregistré une performance solide. Les actions internationales affichent une performance de + 20,3 % en dollar, portés par le boom de l’IA et un cycle de dépenses d’investissement qui redéfinissent la croissance mondiale. La question clé est désormais de savoir si les marchés peuvent prolonger cette dynamique en 2026, alors que les attentes se renforcent. »
Un contexte globalement meilleur
L’explosion des dépenses d’investissement liées à l’IA repose sur de robustes bilans et une réelle rentabilité, plutôt que l’endettement ou de simples narratifs. Les hyperscalers continuent d’augmenter leurs budgets d’investissement. L’adoption de l’IA se traduit concrètement dans les bénéfices. Dans le même temps, modèles d’IA nationaux, expansion des semi-conducteurs et vaste programme de développement des capacités de production électrique rapprochent la Chine de l’autosuffisance énergétique.
« Nous anticipons deux baisses de taux de la Réserve fédérale américaine, un assouplissement des conditions financières et une atténuation progressive de l’impact négatif des droits de douane, précise la responsable de l’allocation d’actifs. La masse monétaire mondiale repart à la hausse. Ce qui, historiquement, constitue un bon indicateur avancé de l’activité manufacturière et de la performance des marchés actions. » Les bénéfices devraient progressivement prendre le relais de la liquidité comme principal moteur de la performance, principalement en Europe, où les effets de base sont plus favorables. Le levier opérationnel et la moindre intensité des vents contraires sur les changes soutiennent une croissance annuelle des bénéfices par action proche de 10 %.
Les marchés financiers évoluent graduellement d’un environnement dominé par les facteurs macroéconomiques vers un cadrage davantage microéconomique, où le positionnement sectoriel, l’exposition thématique et la sélection de titres prennent le pas sur les choix régionaux. L’électrification est l’un des thèmes préférés de Candriam : la demande d’électricité liée à l’IA s’accélère, tandis que les capacités de production et les réseaux peinent à suivre. Cela crée des opportunités de long terme (services aux collectivités, infrastructures de réseau, stockage, métaux…).
Candriam, qui emploie 600 professionnels, gère 156 Md$ d’encours (au 30 juin dernier). La société, qui dispose de centres de gestion à Luxembourg, Bruxelles, Paris et Londres, est présente dans plus de 20 pays au travers de ses responsables de clientèle, en Europe continentale, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et au Moyen-Orient. Elle fait partie du groupe New York Life Investments.
ML
