Selon les données du réseau Viagimmo, le marché marque un léger repli en 2025 en valeur, sans baisse du nombre de transactions. Les acquéreurs, de plus en plus jeunes, cherchent à se constituer un patrimoine à moindre coût.
Si aucune donnée sectorielle officielle n’est disponible sur le marché du viager, certains acteurs privés font leurs propres statistiques. Celles de Viagimmo reposent sur une analyse des données collectées au sein de son réseau, « enrichie par une comparaison avec les tendances observées depuis 2017 ».
Le réseau de franchise spécialisé estime que le marché a représenté en 2025 environ 5 500 transactions, pour un volume d’affaires d’1,5 Md€. Un léger recul par rapport à 2024, mais uniquement liées au montant des transactions (- 100 M€), les volumes étant identiques.
Le marché est toujours centré sur le viager occupé, qui représente 65 % des transactions, suivi du viager libre (14 %), de la vente en démembrement de propriété (11 %) et de la vente à terme occupée (10 %). « Cette répartition traduit un enjeu central pour les vendeurs : monétiser une partie de leur patrimoine immobilier tout en conservant l’usage de leur logement », observe Sophie Richard, fondatrice de Viagimmo.
En viager occupé, lorsque le vendeur conserve son droit d’usage et d’habitation, la rente moyenne s’établit à 622 euros, et le bouquet moyen (qui représente en moyenne 10 à 30 % de la valeur du bien) à 61 668 euros. Ces chiffres sont logiquement plus élevés en viager libre, puisque l’acquéreur peut occuper ou louer le bien dès la signature de vente sans avoir à attendre le décès du vendeur : la rente moyenne est ici de 1 207 euros, le bouquet moyen à 65 064 euros.
Les appartements et les maisons jouent à parts égales dans les transactions, concentrées dans le sud-ouest qui capte 45 % du marché (+14 % sur un an). La valeur vénale moyenne des biens atteint 276 000 euros, mais un bien sur 10 dépasse les 500 000 euros.
Côté vendeurs, une majorité appartient à la tranche d’âge des 76 à 85 ans et est célibataire (à 64 %). « Dans un pays où 76 % des personnes de plus de 75 ans sont propriétaires de leur résidence principale, le viager apparaît avant tout comme une réponse économique pour pallier la baisse des revenus à la retraite », indique Viagimmo. C’est en effet la motivation invoquée par 64 % d’entre eux (+ 13 % sur un an), devant le maintien à domicile (20 %) et la protection de la famille.
Côté acquéreurs, la tranche d’âge la plus représentée est celle de 35 à 50 ans, qui représente la moitié des acquéreurs. « Cette bascule générationnelle traduit une approche de plus en plus anticipatrice du viager, comme de la nue-propriété, perçus comme des leviers de constitution patrimoniale dans un environnement immobilier contraint », analyse Viagimmo.
La motivation principale est ici aussi financière : en premier lieu la construction d’un patrimoine à moindre coût (pour 32 % des sondés), puis l’anticipation d’une résidence principale future (21 %) ou secondaire (12 %), et enfin la préparation de la retraite (13 %).
