24042024

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Actualité des sociétés

Cap sur les valeurs cycliques chez Edmond de Rothschild AM

Celles-ci devraient bénéficier de la remontée progressive des taux américains.

Au déjeuner de ce jour, Philippe Uzan, le directeur des gestions d’Edmond de Rothschild AM, s’est livré au jeu de l’analyse et des pronostics pour le second semestre de l’année.

Au chapitre des constats, l’homme a confirmé une reprise aux Etats-Unis due à un policy mix efficace où se côtoient hausse des recettes fiscales, baisse des dépenses publiques (64 milliards de dollars en moins essentiellement sur le secteur de la santé) et contribution exceptionnelle attendue de la part de Fannie Mae et Freddie Mac (qui doivent rembourser 95 milliards de dollars). Tout cela devrait permettre au déficit budgétaire américain de revenir à 4 % du PIB (contre 7 % en 2012). Une embellie qui, selon le gérant, pourrait aussi pousser le taux de croissance national sur un niveau de 2,5 % à la fin de l’année.

Du côté du Vieux Continent, Philippe Uzan, est moins enthousiaste mais note que la zone euro devrait progressivement passer de l’état de récession à celui de croissance molle. Pour y parvenir, plusieurs conditions devront toutefois être remplies. Parmi celles-ci, il cite l’annonce par la BCE d’une baisse du taux de refinancement dès jeudi prochain et la mise en place effective de l’OMT (outright monetary transactions), le programme de rachat illimité d’obligations souveraines. S’il était utilisé pour le Portugal, celui-ci pourrait à la fois avoir un impact important sur les marchés et en définitive, un coût modéré.

Pour ce qui concerne le Japon, le directeur des gestions constate un choc de confiance positif (puisque même l’indice de confiance des consommateurs s’améliore) et insiste sur la nécessité de mettre en place des réformes structurelles. Ces dernières pourraient bien intervenir sous peu puisque les prochaines élections dans le pays devraient permettre au gouvernement en place de disposer d’une majorité dans les deux chambres.

Quant à la Chine, l’homme a souligné la volonté des autorités locales de reprendre le contrôle de la création monétaire au moment même où les moteurs de croissance du pays sont en train de changer.

Enfin, en matière de décisions d’investissement, Philippe Uzan a révélé être redevenu « positif » sur les actions au travers des marchés européens et japonais. En matière de choix sectoriels, il considère aussi que la hausse des taux américains devrait favoriser les valeurs cycliques. Voilà pourquoi, il préfère aujourd’hui l’automobile, les financières et l’industrie. Interrogé sur les secteurs défensifs, l’homme estime que seuls la santé devrait pouvoir continuer de tirer son épingle du jeu.