Aristophil : cinq ans de prison pour le cerveau de l’affaire

Gérard Lhéritier, fondateur de la société de placement spécialisée dans les manuscrits anciens, a été condamné pour pratiques commerciales trompeuses et escroquerie. Les autres maillons de la pyramide de Ponzi, CGP, notaire ou expert-comptable, ont également été sanctionnés.

Gérard Lhéritier, fondateur d’Aristophil, a été condamné le 11 décembre par le tribunal de Paris à cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt à effet différé, pour pratiques commerciales trompeuses et escroquerie.

Le président du tribunal, Guillaume Daieff, a évoqué un « système de cavalerie » (aussi appelé pyramide de Ponzi), véritable « piège pour les consommateurs ». Les juges se sont rapprochés des réquisitions du parquet, qui demandait une peine de six ans de détention pour « la plus grosse escroquerie en bande organisée probablement jamais jugée ».

Cinq autres prévenus, dont deux CGP, un professeur de droit, un expert-comptable et un notaire, ont écopé de peines de prison d’un à deux ans avec sursis probatoire pour pratiques commerciales trompeuses. L’ensemble des condamnés ont l’obligation d’indemniser les victimes, sur la base d’une perte de leur investissement de 91 %.

Le libraire-antiquaire Jean-Claude Vrain a quant à lui bénéficié d’une relaxe, comme le demandait le procureur « au bénéfice du doute ».

L’avocat de Gérard Lhéritier a annoncé son intention de faire appel. « Le tribunal a cédé à l’opinion publique sur cette affaire », a-t-il scandé, déplorant la décision d’enfermer son client malgré sa santé précaire. Celui-ci n’était d’ailleurs pas présent lors du prononcé du jugement.

8 000 victimes s’étaient constituées partie civile dans cette affaire qui a coûté plus d’un milliard d’euros aux investisseurs. Aristophil proposait, par l’intermédiaire d’un réseau de courtiers, des placements dans des manuscrits, livres précieux ou autographes, le plus souvent en indivision. Avec à chaque fois, la promesse d’un investissement sans risque et d’un rendement annuel de 8 à 9 %, ainsi qu’une possibilité de rachat des œuvres au bout de cinq ans.

Problème, les biens étaient proposés aux épargnants à un prix en moyenne deux fois supérieur à leur coût d’achat, et n’ont jamais pris de valeur, poussant Aristophil à recruter de nouveaux investisseurs pour rembourser les premiers. La société avait fait faillite en 2016.

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