Le Salvador abandonne le bitcoin sous la pression du FMI


L’institution a accordé un prêt de 1,4 M$ en échange d’un retour en arrière sur la loi bitcoin, qui obligeait les commerçants et les services fiscaux du pays à accepter les règlements dans cette devise.

Quatre ans après son adoption, le bitcoin n’a plus cours légal au Salvador. Le pays a passé un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) pour se voir accorder 1,4 Md$ en prêts. Au total, le financement porte sur 3,5 Md$, le reste étant complété par la Banque mondiale et d’autres institutions régionales. Cet argent doit renforcer la « stabilité budgétaire » du pays alors que sa dette publique dépasse 85 % du PIB.

« La situation budgétaire continue de s'améliorer très progressivement et les récentes opérations de gestion du passif ont considérablement réduit les besoins de financement à court terme, dans un contexte de forte réduction des écarts de taux souverains », indique le FMI dans un communiqué.

Le Salvador a connu une hausse de son PIB de 2,4 % en 2023, alors que les prix à la consommation ont chuté de 8 points de pourcentage entre juin 2022 et novembre 2024.

En échange de ces facilités, le pays s’est engagé à revenir sur sa loi bitcoin de septembre 2021. Désormais, les agents économiques pourront accepter les paiements en bitcoin s’ils le souhaitent, mais n’y seront plus contraints.

Les impôts devront maintenant être réglés en dollars, sans que le cryptoactif ne puisse constituer une alternative. Le gouvernement s’est engagé à limiter ses achats en bitcoin et à se retirer progressivement de la gestion du portefeuille de cryptoactifs Chivo.

Dans les faits, cet accord aura des conséquences limitées : seule une minorité de Salvadoriens payaient leurs impôts en bitcoin, l’obligation pour les commerçants de recevoir les paiements en cryptos n’était pas réellement appliquée et même certaines institutions publiques peinaient à les accepter.

Cette décision a en revanche une conséquence indirecte pour la France. Bercy devait jusqu’ici traiter le bitcoin comme une devise puisque le cryptoactif avait cours légal dans un pays reconnu comme nation par notre Etat. Les professionnels qui acceptaient les paiements en bitcoin pouvaient donc, jusqu’ici, les traiter comptablement comme tels.

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