02072020

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Private equity : Unigestion fait le point sur le compartiment small & mid

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Dans sa dernière note de marché, Unigestion dresse un parallèle entre la crise de 2020 et celle de 2007/2008. L’économie mondiale va, selon eux, plonger dans la récession, mais des opportunités se profilent dans les PME financés par des fonds de private equity.

Chez Unigestion, Christophe de Dardel, head of private equity, Mark Zünd, head of the private equity investment team, Franceson Aldorisio et Federico Schiffrin, partners private equity, analysent la partie « small & mid » du marché du non-coté. Ils s’attendent à une récession plus profonde qu’en 2008, année de grave crise financière, et s’interrogent sur les opportunités à saisir.

Résilience et agilité

Selon les premières indications, la crise liée au Covid-19 devrait provoquer une récession mondiale beaucoup plus grave qu’en 2007/2008. Les chiffres du chômage ont rarement été aussi mauvais. Afin d’aider les entreprises à surmonter cette crise, les gouvernements interviennent avec des plans de relance d’une ampleur jamais vue auparavant. Avec près de 4 milliards d’habitants de la planète en état de confinement ou de déconfinement progressif, nombre d’entreprises n’auront plus de revenus pendant plusieurs mois mais conserveront un niveau de coûts élevé.

Certains secteurs, à l’image de ceux des loisirs et de la restauration, sont sous pression. D’autres, à l’instar de la vidéoconférence ou du commerce électronique, s’en sortent bien, tandis que ceux de l’énergie ou des transports, par exemple, vont bénéficier de soutiens gouvernementaux. Dans un tel contexte, il est primordial que les investisseurs soient diversifiés, en s’intéressant à des thèmes portés par des mégatendances. La dette privée est « plus dispersée » qu’en 2008 et « non réglementée ». Si elles sont « mieux capitalisées », donc plus à même de venir en aide aux entreprises en difficulté, les banques n’ont toutefois pas aujourd’hui de quoi rassurer sur leur comportement à moyen-long terme.

La pandémie du Covid-19 provoquera probablement l’une des plus grandes crises économiques de ces 100 dernières années. Elle a été un « réveil massif et brutal » pour des investisseurs « endormis » pendant 10 ans par des banques centrales accommodantes. De nombreuses économies devraient connaître des « contractions » d’une ampleur inédite. « Néanmoins, soulignent les spécialistes d’Unigestion, s’il est encore trop tôt pour prédire quelles entreprises survivront, nous pensons que la résilience et l’agilité des petites et moyennes entreprises financées par des fonds de private equity resteront un facteur de différenciation important dans la gestion de la crise actuelle. »

Secteurs de niche

Bien que les facteurs déclencheurs soient différents (marché immobilier américain en 2007/2008 et propagation du coronavirus en 2020), la forte croissance économique mondiale, la solidité des marchés financiers et les valorisations « excessives » qui ont précédé les crises de 2008 et de 2020 sont autant d’éléments similaires. Il y a douze ans, la plupart des sociétés présentes dans les fonds de private equity de petite et moyenne taille ont mieux résisté que celles des fonds de grande et de méga-capitalisation. « En effet, commentent les experts d’Unigestion, elles ont tendance à avoir un endettement plus faible et opèrent souvent dans des secteurs de niche ou dans des domaines moins sensibles aux fluctuations économiques. En outre, en période de difficultés, elles sont plus aptes à réagir rapidement, en diminuant les coûts ou en réduisant les investissements. Nous avons investi en 2007 dans la marque d’accessoires de luxe spécialisée dans les chaussures design pour femmes Jimmy Choo et obtenu au final un retour sur investissement de 2,7 fois. »

Autre exemple, Unigestion a accompagné Premo en y investissant également en 2007. Ce fournisseur espagnol de solutions magnétiques et RFID innovantes pour l’industrie automobile a souffert du choc de la demande. « Nous sommes intervenus, indiquent les professionnels, pour aider l’équipe de direction à restructurer son bilan et à recentrer sa stratégie sur les produits les plus prometteurs et les plus rentables. Ce qui nous a permis de récupérer 1,3 fois notre investissement initial. »

Après la crise financière de 2008, les investisseurs en private equity ont pu profiter de la baisse des valorisations, investir dans des PME qui « avaient survécu », démontrant ainsi la « résistance » de leurs modèles d’entreprise, et bénéficier de la reprise économique à partir de 2009. « Nous pensons, estiment les experts d’Unigestion, que les deux prochaines années offriront des conditions similaires dans les petites et moyennes entreprises. Nos thèmes d’investissement sont guidés par les mégatendances globales telles que l’évolution démographique et le progrès technologique. Par exemple, en avril, nous avons investi dans une société d’éducation américaine qui propose des cours d’art culinaire en ligne. »

Pépinière de leaders

S’agissant de la santé, les sous-secteurs qui devraient être performants sont les diagnostics, les vaccins, les équipements médicaux, les dispositifs à domicile et les consultations en ligne. L’équipe private equity du gestionnaire suisse a investi dans une société italienne de diagnostics pour tests Covid-19. Elle a aussi sélectionné un producteur de vitamines en Europe du Nord qui approvisionne le marché européen de la vitamine K2. Parmi les autres opportunités figurent des sociétés qui ont besoin de trésorerie ou de recapitalisation, des « spin-outs » provenant de conglomérats en difficulté et des entreprises en croissance en quête de liquidités. Elle a, par exemple, investi dans une société de logiciels de facturation basée aux Etats-Unis.

« En février 2020, précisent encore ses responsables, nous avons investi dans HealthTech BioActive, fabricant espagnol de matières premières pour les industries pharmaceutique, cosmétique et alimentaire. Ses produits sont des flavonoïdes dérivés d’agrumes et d’autres plantes, ainsi que des dérivés de la vitamine B12 et d’autres substances. Les PME ont toujours constitué un élément clé de l’économie globale et, même après la crise actuelle, elles continueront d’être une pépinière de leaders de demain. C’est dans le plus petit segment du marché, plutôt que dans les grandes entreprises, que se trouvent les transactions de private equity ayant le plus fort potentiel de rendement. »

 

ML