Les banques françaises robustes dans l'adversité


En 2023, les grands groupes français ont su maintenir la croissance de leur bilan en territoire positif, malgré un recul du produit net bancaire. L’ACPR, à l’origine de ces données agrégées, reste vigilante face à la montée des défaillances d’entreprises et le contexte géopolitique toujours dégradé.

Les chiffres du marché français de la banque en 2023, produits par l’ACPR laissent transparaître la résilience du secteur dans une année marquée par les crises.
Contexte géopolitique dégradé avec la poursuite de la guerre en Ukraine ou le conflit israélo-palestinien, tensions sur la stabilité financière avec les crises bancaires aux Etats-Unis ou en Suisse, politique d’augmentation des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) en réponse à une inflation incontrôlé… Les acteurs financiers ont dû faire face, comme tant d’autres, à un cocktail néfaste pour la croissance économique.

Rentabilité en baisse

Dans ce contexte, la rentabilité des banques s’érode, mais leur bilan agrégé reste en terrain positif (+1,1 % en 2023 contre +4,4 % en 2022). Il atteint 9 289 Md€ fin 2023, soit 331 % du PIB, les six groupes bancaires du haut de tableau représentant 92 % de l’actif total.
Le produit net bancaire (PNB), lui, recule de 2,9 %, en raison notamment de la contraction de la marge nette d’intérêt (-4 Md€), qui correspond à la différence entre les intérêts reçus de la distribution de crédit et les coûts de refinancement ainsi que les intérêts payés sur les dépôts. En période de disette pour le crédit, il représente le principal facteur d’explication de l’augmentation du coefficient d’exploitation (+3,5 points de base), qui se calcule en rapportant les frais de gestion au PNB.

Progression de la solvabilité

Si la qualité des actifs bancaires s’est légèrement dégradée en 2023, le taux de prêts non performants ne progresse que de 0,1 point, établissant un taux de 2,8 % qui reste dans la moyenne européenne et se veut le reflet de l’augmentation du nombre de défaillances d’entreprises par rapport à 2022.

Les banques n’ont d’ailleurs pas vu leur fondamentaux affectés par cette situation, la solvabilité progressant même de 0,4 point sur un an. Le ratio de solvabilité CET1 du secteur bancaire français, qui compare les fonds propres d’une banque à ses actifs, s’affiche à 16,2 %, soit un niveau « relativement élevé par rapport à ses voisins européens », précise l’ACPR.

Idem pour les ratios prudentiels de liquidités, « largement supérieurs aux minimums réglementaires », avec un ratio moyen de liquidité à court terme (LCR) à 151,6 % et un ratio structurel de liquidité à long terme (NSFR) à 114,3 %.

Risques similaires en 2024

« En 2024, en dépit d’un reflux de l’inflation et d’un assouplissement de la politique monétaire, les risques macroéconomiques et financiers restent présents avec, en particulier, une vigilance maintenue sur la soutenabilité de la dette des agents non financiers (premiers signaux de baisse de la qualité des crédits bancaires aux sociétés non financières) tandis que les risques géopolitiques deviennent plus prégnants », prévient l’ACPR.

Le superviseur indique rester attentif à « l’évolution des risques conjoncturels, liés notamment à la remontée des défaillances d’entreprises et à l’environnement géopolitique ». Alors que le deuxième est toujours dégradé, avec la poursuite des conflits au Moyen-Orient et en Ukraine, le nombre de défaillances d’entreprises françaises approchait 33 500 début juillet, en hausse de 20 % par rapport à la moyenne des mêmes périodes pré-Covid.

Année record pour les faillites

Cette évolution s’explique en partie par un rattrapage des défaillances après un niveau historiquement bas pendant la crise sanitaire, les « entreprises zombies » voyant leur fin de vie prolongée par les prêts garantis par l’Etat (PGE). Mais pour certains observateurs, la hausse va au-delà d’un simple rattrapage en s’approchant des années records de faillites. D’ici la fin de l’année, le cap des 70 000 pourrait être franchi.

L’ACPR s’attarde également sur les risques cyber et ceux liés au changement climatique, indiquant qu’elle sera vigilante à la mise en œuvre du règlement européen sur la résilience opérationnelle numérique du secteur financier (Dora) et qu’elle travaille à ce que les plans de transition des établissements bancaires « se traduisent en actes ».

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