25062024

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Actualité des sociétés

L’investissement responsable en quête de transparence


investissement responsableCPR AM, en collaboration avec Insight AM, a dernièrement présenté les conclusions de son Baromètre annuel de l’investissement responsable. Il en ressort, notamment, que les encours, toujours plus importants, sont confrontés à de nouveaux défis.

Alors que la Semaine de la Finance responsable – organisée par le FIR – se profile à l’horizon (à partir du 25 septembre prochain), il peut être intéressant de prendre connaissance des résultats de la 4e édition du Baromètre annuel de l’investissement responsable de CPR Asset Management. En effet, celui-ci offre les regards croisés d’épargnants et de conseillers/distributeurs, en mettant en lumière l’évolution d’un marché qui a gagné en maturité. « Les fonds et les encours, toujours plus importants, font observer les responsables de CPR AM et d’Insight AM, sont confrontés à de nouveaux défis. Le Baromètre met en évidence la croissance de l’investissement responsable, lequel fait l’objet d’une actualité permanente, restant toutefois confronté à la demande de preuves, de pédagogie et de transparence de la part des conseillers/distributeurs et des épargnants. Le sujet de la transparence pourrait être facilité par la simplification de la réglementation et l’évolution du Label ISR. »

Vers une économie plus durable

Le Baromètre CPR AM 2022, réalisé entre fin décembre et fin février par OpinionWay, auprès de 1.000 épargnants, et Spoking Poll, auprès de 200 conseillers financiers (CGP et banquiers privés), montre que les enjeux environnementaux (protection de l’environnement et lutte contre le réchauffement climatique) occupent le premier rang des thèmes préférés des épargnants (pour 46 % d’entre eux) et constatés par les conseillers (75 % placent cette thématique en tête des demandes). « L’investissement responsable, continuent les spécialistes des sociétés de gestion, s’impose désormais comme incontournable lors d’une décision d’investissement : 59 % des épargnants considèrent que l’investissement responsable est de nature à rediriger les investissements vers une économie plus durable et perçoivent l’utilité de ces choix d’investissement. 74 % des personnes interrogées estiment que l’investissement responsable est primordial afin d’orienter les financements vers une économie plus durable, conviction qui touche 65 % des non-détenteurs et concerne 91 % des détenteurs. »

Le taux de détention, qui était de 21 % quatre ans plus tôt, est désormais de 36 %. L’investissement responsable est non seulement apprécié des investisseurs « patrimoniaux « (45 %), mais aussi des consommateurs « durables » (54 %). Autre constat à prendre en compte : l’offre et la demande de produits liés à l’investissement responsable se rejoignent plus nettement. Les conseillers déclarent avoir ainsi proposé des fonds à thématique environnementale pour 77 % d’entre eux, et à thématique sociale pour 61 % d’entre eux. Des progrès qui ont été également notés par les épargnants, qui s’intéressent en outre de plus en plus à la thématique du « consommer et produire localement ». Devenue évidente, la croissance de l’investissement responsable souffre cependant de certaines réticences. D’où un fléchissement des intentions d’investissement (6 points de pourcentage de moins en un an, à 43 %). Un épargnant sur quatre pense que la demande de preuves de l’impact « réel » des produits d’investissement responsable, loin d’être totalement satisfaite, constitue le principal frein.

Baisse du niveau de connaissance

« Le manque de connaissance, soulignent les auteurs du Baromètre, reste toutefois le premier frein à l’investissement (pour 30 % des personnes consultées), qui s’ajoute à l’absence de clarté de l’offre. » Par ailleurs, le Baromètre met en relief un niveau de connaissance en matière d’investissement responsable en baisse de 4 points, à 39 %. Ce qui n’est pas le moindre des paradoxes. A moins qu’il ne s’agisse du reflet d’une indécision dans un domaine où il y a à boire et à manger. Chez les professionnels, l’insuffisance d’information (43 %), les preuves de l’impact (38 %) et la clarté de la réglementation (28 %), quoique « disparates » selon les profils, sont aussi sujettes à caution. Encore un paradoxe : s’ils sont 79 % à se sentir pleinement à l’aise ou à maîtriser les grands concepts liés à l’investissement responsable face à leurs clients, les conseillers signalent une baisse générale de l’accès à l’information. Et 28 % des professionnels reprochent son manque de clarté à la réglementation (contre… 3 % douze mois plus tôt !).

La réglementation SFDR est bien acceptée. 71 % des conseillers lui accordent leur confiance (contre 38 % l’année précédente). Les deux tiers des conseillers disent ne pas être inquiets du fait de la mise en œuvre de la réglementation sur la « préférence durable ». Quant aux labels, les avis des épargnants sont mitigés. 53 % les trouvent à leur goût. Les détenteurs de fonds et les investisseurs « conseillés » sont les plus convaincus (76 % et 63 %, respectivement). « Pour garantir une croissance pérenne de l’investissement responsable, commente Arnaud Faller, chief investment officer chez CPR AM, notre devoir est d’entendre la demande des conseillers financiers en termes d’efficacité, de sélection et de comparabilité des produits d’investissement. » Au demeurant, il ne fait pas de doute que les objectifs extra-financiers ne peuvent plus être ignorés dans la gestion d’un portefeuille. « Ce mouvement, fait de son côté remarquer Vanessa Cottet, responsable ESG chez la filiale d’Amundi, s’explique par la concomitance de l’actualité climatique et sociale, alignée avec la communication des gouvernements, des entreprises et la réglementation. »

ML