Neuf : la chute ralentit mais se poursuit


Le nombre de mises en chantier baisse de 13,9 % depuis début 2024 comparé à l’année précédente. D’ici à la fin de l’année, elles devraient se tasser autour des 264 000.

La chute du neuf ralentit, mais l’effondrement est toujours là. En glissement annuel sur cinq mois, les mises en chantier diminuent de 13,9 % par rapport à 2023. De quoi faire prédire à la Fédération française du bâtiment (FFB) une fin d’année à 264 000 logements.
C’est encore moins que le point bas de la crise des années 1990 et ses 270 000 logements. « Le mouvement va s’amplifier, puisque les permis abandonnent 10,7 % sur la même période, que les ventes de maisons individuelles en diffus s’effondrent de 29,9 % et que celles des promoteurs se replient de 11,4 % en glissement annuel sur le premier trimestre », avance Olivier Salleron, président de la FFB. Seules 50 000 maisons individuelles ont été vendues sur les 12 derniers mois.

Résistance du non résidentiel

Le repli du non résidentiel est plus modéré, les mises en chantier ne reculant « que » de 7,7 % en glissement annuel sur cinq mois et les autorisations de 3,7 %. Une meilleure situation liée à la bonne tenue des locaux agricoles, des bâtiments administratifs et aux commerces.

Le segment de l’amélioration-entretien ne viendra pas au secours du secteur. Les obligations induites par la loi Climat et résilience, qui vont progressivement rehausser le seuil de décence énergétique jusqu’à la lettre D d’ici 2034, n’ont pas d’effet visible sur le secteur. L’activité en rénovation n’a progressé que de 1,7 % au premier trimestre 2024 par rapport au premier trimestre 2023, hors effet prix. A en croire les remontées de terrain de la FFB, la situation ne devrait pas s’améliorer au deuxième trimestre.

25 000 emplois détruits

La fédération avait tiré la sonnette d’alarme en début d’année. Elle estimait que 90 postes pourraient être supprimés en 2024, 150 000 autres en 2025. Depuis le début de l’année, 25 000 ont été détruits, dont 16 200 salariés. Sur le premier semestre, les défaillances dans la construction ont bondi de 20 % par rapport à leur niveau d’avant-crise sanitaire, « ce qui confirme l’entrée en récession », affirme la FFB.

« Pour autant, à l’horizon de l’été, les perspectives d’emploi salarié restent étonnamment positives selon les chefs d’entreprise de plus de dix salariés », tempère la fédération. La trésorerie de ces derniers, de même que les délais de paiement, se stabilise légèrement au-dessus de leur moyenne historique. Autre signe d’espoir, les défaillances d’entreprises du bâtiment se stabilisent à 1 200 par mois sur le premier semestre. « En l’absence de reprise rapide des marchés, les défaillances repartiront très probablement à la hausse et le secteur n’aura plus les capacités de répondre à un stimulus », prévient cependant Olivier Salleron.

Stimuler la reprise

Pour faire face à cette situation, la FFB pousse un ensemble de 10 propositions :
- Rétablir le prêt à taux zéro (PTZ) universel
- Rétablir un dispositif de soutien à l’investissement locatif, alors que le Pinel s’apprête à tirer sa révérence dans quelques mois
- Stabiliser MaPrimRénov’ au-delà du 1er janvier 2025
- Adapter l’objectif de « zéro artificialisation nette » (ZAN) aux « réalités des territoires »
- Arrêter la « surenchère réglementaire », en repoussant notamment l’application de la Réglementation environnementale (RE) 2020, qui imposera de nouveaux seuils d’émissions carbone aux bâtiments à partir de 2025
- Limiter la sous-traitance en cascade
- Réviser le montant de la franchise de TVA
- Réviser le dispositif REP Bâtiment, basé sur le principe du « pollueur-payeur » pour améliorer le recyclage et le réemploi des 46 millions de tonnes de déchets générées par le secteur.
- Engager une politique de soutien à l’apprentissage
- Assurer des règles en matière de représentativité patronales « propices à un dialogue social équilibré »

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