Marché

[Tribune] Épargne salariale : un levier pour développer la compétitivité des entreprises françaises

Damien Cléris VDEF

Avec l’entrée en vigueur de la loi sur le partage de la valeur le 1er janvier 2025, jamais autant de salariés n’ont été éligibles aux dispositifs d’épargne entreprise. Pourtant, de nombreuses PME hésitent encore à les mettre en place, faute d’accompagnement et de sensibilisation.

 

 

 

 

 

L'épargne salariale est un atout stratégique majeur pour la compétitivité des entreprises. Elle permet de renforcer leur attractivité, d’aligner les intérêts des dirigeants, salariés et actionnaires et d’engager ces derniers au service de leur performance.

Si les plus grandes entreprises en ont saisi le potentiel, les petites et moyennes structures hésitent encore, avec 130 000 d’entre elles n'ayant pas instauré de dispositif de partage de la valeur. Sensibiliser et accompagner ces entreprises dans leur démarche est donc impératif.

Un levier pour motiver et fidéliser les talents

Dans un contexte de marché du travail tendu, attirer et fidéliser les talents est une priorité. L’épargne d’entreprise constitue un avantage financier attractif, perçu ainsi par 87 % des salariés selon une étude Natixis Interépargne-IFOP (1) et un support d’épargne efficace, 78% des bénéficiaires investissant sur ce support.

Au-delà de la motivation des salariés, l’intéressement et la participation permettent de compléter la rémunération, tout en bénéficiant d’une fiscalité avantageuse. Les versements sont exonérés de cotisations sociales (hors CSG et CRDS) et, pour les entreprises de moins de 50 salariés, le forfait social est à 0 % (2).

Un accompagnement indispensable pour les entreprises et les salariés

Si 65 % des dirigeants des petites entreprises envisagent de mettre en place au moins un dispositif de partage de la valeur, 22 % ne savent pas comment procéder.

L’accompagnement est donc primordial, en particulier pour les petites structures, qui ne disposent pas d’équipe en ressources humaines et se tournent souvent vers leurs experts-comptables, banquiers ou assureurs, sans toujours disposer d’informations claires. Les efforts de pédagogie et de formation menés par les acteurs du secteur, doivent être intensifiés.

Un accompagnement d’autant plus nécessaire que la loi sur le partage de la valeur, adoptée fin 2023, impose aux entreprises bénéficiaires de 11 à 49 salariés de mettre en place des dispositifs de partage de la valeur.

Vers une généralisation des dispositifs ?

L’épargne salariale et l’épargne retraite collective connaissent depuis quelques années, une véritable croissance en France. Les plans d’épargne salariale et d’épargne retraite d’entreprise atteignent le cap record de 200 Md€ d’encours (+ 6.5 % sur un an) en 2024 (3).

Ces dispositifs ne doivent pas être perçus comme une contrainte, mais comme une opportunité pour renforcer l’attractivité et la compétitivité des entreprises dans un environnement économique exigeant. Alors que 100 % des grandes entreprises sont déjà équipées et que les ETI suivent, le mouvement devrait s’accélérer pour les TPE et PME.

En simplifiant leur mise en place, en clarifiant les offres, et en renforçant la sensibilisation et la pédagogie, ces dispositifs, ainsi démocratisés, pourraient devenir un standard de la rémunération au service de la performance des entreprises et permettre aux 50 % de salariés n’en bénéficiant pas de financer leurs projets de vie.

(1) Étude 2024 - Le partage de la valeur et l’épargne entreprise. Regards croisés salariés et entreprises. Natixis Interépargne – IFOP

(2) Initialement instaurée par la loi Pacte de 2019 mais reprise dans La loi n° 2023-1107 du 29 novembre 2023 (Partage de la valeur)

(3) Enquête annuelle de l'AFG - Mars 2025